Un plateau sans murs peut sembler plus convivial, plus souple et moins coûteux, mais il change profondément la manière de travailler. La définition de l’open space repose sur un espace de bureaux partagé, généralement sans cloisons fixes, où l’aménagement doit concilier échanges, concentration, confort acoustique et confidentialité. Voici ses caractéristiques, ses avantages, ses limites et les règles qui permettent de le rendre réellement fonctionnel.
L’essentiel à retenir sur l’aménagement en open space
- Définition : plusieurs postes de travail réunis sur un même plateau, sans bureaux individuels fermés.
- Objectif : faciliter la collaboration et optimiser l’utilisation des surfaces.
- Point sensible : le bruit, les conversations et les appels peuvent nuire à la concentration.
- Aménagement réussi : il combine postes de travail, zones calmes, salles de réunion et espaces d’isolement.
- Règle pratique : l’organisation des usages compte autant que le mobilier ou la décoration.

Un open space, c’est quoi exactement
Un open space, aussi appelé bureau ouvert, est un espace professionnel où plusieurs collaborateurs travaillent sur un même plateau, sans murs ni portes entre leurs postes. Les bureaux sont souvent regroupés en îlots, avec des circulations communes et quelques séparations légères comme des écrans acoustiques, des plantes ou des cloisons basses.
La différence avec un bureau classique est donc avant tout spatiale. Dans un bureau fermé, les échanges passent par une porte et chaque personne dispose d’un territoire clairement défini. Dans un espace décloisonné, la proximité est immédiate, ce qui peut accélérer les discussions, mais aussi rendre plus visibles les conversations, les déplacements et les interruptions.
Je préfère distinguer l’open space du flex office. Le premier décrit une configuration des locaux, tandis que le second désigne une organisation dans laquelle les salariés ne disposent pas forcément d’un poste attitré. Un flex office peut donc fonctionner dans un open space, mais aussi dans des bureaux fermés ou des espaces partagés plus variés.
Pourquoi les entreprises choisissent-elles cet aménagement
Le premier intérêt est l’optimisation de la surface. En supprimant une partie des cloisons et des bureaux individuels, l’entreprise peut installer davantage de postes sur un même plateau. L’économie réelle dépend toutefois du nombre de salariés présents, de la surface disponible et des espaces complémentaires nécessaires.
L’open space facilite aussi les échanges rapides. Une question peut être posée en quelques secondes, un nouveau projet peut réunir plusieurs métiers et les équipes restent plus visibles les unes pour les autres. Dans les environnements où le travail repose sur la coopération, cette proximité peut être un vrai gain de temps.
En France, la Dares estimait à 3,2 millions le nombre de salariés travaillant en open space en 2019, soit environ deux salariés de bureau sur cinq. Ce chiffre montre que le modèle est installé dans les entreprises, mais il ne signifie pas qu’il convient à tous les métiers ni à toutes les personnalités.
Un autre avantage est la flexibilité. Les espaces peuvent être réorganisés plus facilement lorsque l’équipe grandit ou change de mission. En revanche, une grande salle vide et uniforme n’est pas automatiquement adaptable. Elle le devient seulement si le mobilier, les branchements, les rangements et les règles d’usage suivent cette évolution.
Les limites d’un plateau ouvert au quotidien
Le bruit et les interruptions
Le bruit est généralement le principal reproche adressé à l’open space. Les conversations, sonneries, réunions en visioconférence et déplacements créent un fond sonore continu qui fatigue davantage qu’un bruit ponctuel. L’INRS recommande d’évaluer l’environnement sonore d’un bureau ouvert en tenant compte à la fois du niveau sonore, de la réverbération et de la gêne ressentie.
Le traitement acoustique ne consiste pas simplement à poser quelques panneaux au mur. Il faut agir sur les surfaces réverbérantes, le plafond, les cloisons, le mobilier et l’organisation des postes. Dans mes recommandations, je considère qu’une cabine pour les appels et une véritable zone silencieuse sont souvent plus utiles qu’une décoration acoustique ajoutée après coup.
La concentration et l’intimité
La proximité visuelle peut également déconcentrer. Voir les mouvements autour de soi, entendre une discussion voisine ou être sollicité à tout moment augmente le nombre de micro-interruptions. Les tâches demandant de la rédaction, de l’analyse ou une forte confidentialité sont donc moins adaptées à un poste placé au centre du plateau.
La confidentialité pose un autre problème. Un échange commercial, un entretien individuel ou une discussion liée aux ressources humaines ne devrait pas se tenir entre deux rangées de bureaux. Sans salles fermées disponibles, l’entreprise risque de choisir un espace ouvert pour gagner de la place, puis de perdre du temps à chercher des endroits où parler discrètement.
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Le confort et le sentiment de contrôle
La lumière, la température et la position du poste ne conviennent pas de la même manière à tout le monde. Un bureau près d’une fenêtre peut être agréable le matin et éblouissant l’après-midi. À l’inverse, un poste placé sous une bouche de ventilation peut devenir inconfortable en quelques heures.
Le sujet n’est pas seulement matériel. Pouvoir régler son siège, déplacer son écran, choisir un endroit calme ou s’isoler quelques minutes donne aux salariés un sentiment de contrôle important. Un open space imposé sans possibilité d’adaptation est rarement bien vécu, même avec du mobilier de qualité.
Comment organiser un open space vraiment fonctionnel
Un bon aménagement commence par les activités, pas par le nombre de bureaux à caser. Je conseille de distinguer au moins quatre types d’usages afin d’éviter qu’un même espace serve simultanément aux appels, à la concentration, aux réunions et aux échanges informels.
| Zone | Usage principal | Équipement utile |
|---|---|---|
| Postes partagés | Travail courant et échanges courts | Écrans, sièges réglables, rangement individuel |
| Zone silencieuse | Concentration et tâches longues | Signalétique, isolation acoustique, téléphones limités |
| Salle de réunion | Réunions d’équipe et décisions collectives | Table, écran, visioconférence |
| Bulle ou cabine | Appels et conversations confidentielles | Assise confortable, ventilation, isolation phonique |
| Espace informel | Pause et échanges spontanés | Assises souples, table haute, éloignement des postes |
La circulation mérite aussi une attention particulière. Les passages fréquents ne devraient pas traverser la zone la plus calme, et l’imprimante ou la machine à café ne devraient pas être installées juste derrière un poste qui exige de la concentration. Ce sont de petits choix, mais ils réduisent les interruptions toute la journée.
Pour les postes, je recommande une profondeur suffisante pour placer l’écran à une distance confortable et garder les accessoires essentiels sans encombrer le plan de travail. Un siège réglable en hauteur, un écran positionné à la bonne hauteur et un éclairage sans reflet ont souvent plus d’impact qu’un mobilier très design.
Open space ou bureau fermé quel choix selon les besoins
Il n’existe pas de configuration parfaite. Le bon choix dépend du niveau de collaboration, de la confidentialité des tâches, du nombre d’appels et de la capacité de l’équipe à respecter des règles communes.
| Critère | Open space | Bureau fermé |
|---|---|---|
| Collaboration spontanée | Très facile | Moins immédiate |
| Concentration | Dépend fortement de l’acoustique | Généralement plus simple |
| Confidentialité | À prévoir dans des salles dédiées | Naturellement meilleure |
| Réorganisation | Souvent plus souple | Plus contraignante |
| Risque principal | Bruit et interruptions | Isolement et manque d’échanges |
Pour une équipe commerciale qui passe de nombreux appels, un plateau ouvert sans cabines devient vite pénible. Pour une équipe projet qui échange constamment, quelques postes regroupés autour de salles collaboratives peuvent être pertinents. Dans beaucoup de cas, la solution la plus équilibrée est un aménagement hybride, avec un espace ouvert complété par des bureaux fermés et des zones de retrait.
Les erreurs qui rendent un open space inconfortable
La première erreur consiste à mesurer la réussite au nombre de postes installés. Un plateau rempli au maximum peut sembler rentable sur le plan immobilier, mais devenir inefficace si les salariés passent leur temps à chercher une salle ou à travailler avec un casque pour se protéger du bruit.
La deuxième est de traiter l’acoustique trop tard. Les surfaces vitrées, le béton, le métal et les grandes tables dures favorisent la réverbération. Il est préférable de prévoir dès la conception un plafond absorbant, des matériaux adaptés et des espaces séparés pour les conversations longues.
La troisième erreur est l’absence de règles simples. Sans accord sur les appels, les réunions improvisées, le rangement ou les moments de silence, chacun applique sa propre logique. Quelques consignes coécrites avec l’équipe sont plus efficaces qu’une longue charte imposée sans discussion.
Enfin, il ne faut pas négliger l’évolution des usages. Une équipe présente trois jours par semaine au bureau n’a pas les mêmes besoins qu’une équipe présente tous les jours. Le taux d’occupation réel, la fréquence du télétravail et la nature des tâches doivent être observés avant de choisir entre postes fixes, flex office et bureaux partagés.
Le bon open space se reconnaît à son équilibre
Un open space réussi n’est pas un grand volume rempli de bureaux identiques. C’est un ensemble de zones complémentaires où chacun peut collaborer, se concentrer, téléphoner ou s’isoler au moment approprié.
Si je devais retenir un seul critère, ce serait la possibilité de changer d’environnement selon la tâche. La flexibilité d’usage, associée à une acoustique soignée et à des espaces confidentiels, fait généralement une différence plus durable que la seule impression de modernité.
Avant de modifier un espace professionnel, observez donc les nuisances réelles, interrogez les utilisateurs et testez les solutions à petite échelle. Un aménagement fonctionnel ne cherche pas à supprimer tous les murs, mais à créer les bonnes conditions pour travailler ensemble sans empêcher chacun de bien travailler.